La médiation animale s’inscrit dans une évolution profonde des pratiques d’accompagnement en santé, en éducation et dans le champ social. De plus en plus présente dans les établissements spécialisés, elle repose sur une idée simple mais exigeante : utiliser la relation à l’animal comme support de lien, d’apaisement et de communication.
Parmi les différentes formes de médiation par l’animal, la médiation animale avec le chien occupe une place centrale. Le chien, par son histoire aux côtés de l’humain et sa capacité à s’adapter à des contextes émotionnels variés, agit comme un facilitateur relationnel. Il ne soigne pas au sens médical, mais il permet souvent de réouvrir un espace de relation là où celle-ci est fragilisée.
Qu’est-ce que la médiation animale ?
La médiation animale est une méthode d’accompagnement qui s’appuie sur l’interaction encadrée entre une personne et un animal afin de favoriser le bien-être global. Elle peut agir sur les plans émotionnel, relationnel, cognitif ou moteur, en fonction des objectifs définis.
Il est essentiel de comprendre que la médiation animale ne se résume pas à la présence d’un animal. Elle repose sur :
- un cadre professionnel structuré
- des objectifs précis, individualisés ou collectifs
- l’intervention d’un professionnel formé
- le respect strict du bien-être de l’animal
Les termes zoothérapie et thérapie animale sont fréquemment utilisés pour désigner ces pratiques. Ils renvoient à des approches proches, mais la médiation animale insiste davantage sur le rôle de l’animal comme tiers médiateur. L’animal ne « fait pas » la thérapie : il facilite la relation.
Pourquoi le chien est-il privilégié en médiation animale ?

La question “quel chien pour la médiation animale” revient souvent. Elle mérite une réponse nuancée.
Le chien est particulièrement adapté à la médiation par l’animal pour plusieurs raisons :
- une forte capacité d’adaptation à des environnements variés
- une lecture fine des signaux humains
- une appétence naturelle pour l’interaction sociale
- une grande diversité de profils permettant d’ajuster le binôme au public
Cependant, un point fondamental doit être rappelé : tous les chiens ne sont pas faits pour la médiation animale. Le critère déterminant n’est pas la race, mais l’individu. Son tempérament, sa stabilité émotionnelle, sa capacité à se retirer de l’interaction et à gérer la nouveauté sont essentiels.
Un chien médiateur est avant tout un chien respecté dans ses besoins, avec des temps de repos, des séances adaptées et la possibilité de dire non.
Les effets observés de la médiation animale avec le chien
Sur le terrain, les bénéfices de la médiation animale sont régulièrement observés, quel que soit le public accompagné.
Sur le plan émotionnel, la présence du chien favorise une diminution du stress et de l’anxiété. Le contact avec l’animal crée un climat sécurisant, propice à l’apaisement.
Sur le plan relationnel, la médiation par l’animal agit comme un pont. Le chien facilite l’entrée en relation, soutient la communication verbale et non verbale et permet parfois de dépasser des blocages relationnels.
On observe également un impact motivationnel fort. Le chien donne du sens à l’activité, encourage la participation et soutient l’engagement, notamment chez des personnes en perte de repères ou de motivation.
Enfin, certaines interactions favorisent indirectement la motricité et l’activité physique douce, toujours dans le respect des capacités de chacun.
Les domaines d’intervention de la médiation par l’animal
La médiation animale avec le chien est aujourd’hui présente dans de nombreux contextes.
Elle intervient notamment :
- en santé mentale et psychiatrie, pour soutenir la relation thérapeutique et apaiser les tensions
- en gériatrie et EHPAD, pour stimuler la mémoire, l’expression émotionnelle et rompre l’isolement
- en milieu scolaire, pour améliorer le climat, soutenir les apprentissages et favoriser l’inclusion
- dans le champ judiciaire, où la présence du chien peut sécuriser la parole de personnes vulnérables
Des expériences plus récentes montrent également une ouverture vers des environnements hospitaliers complexes, signe que la médiation animale continue d’évoluer et de questionner ses propres limites.

Une pratique en évolution permanente
La médiation animale n’est pas une pratique figée. Les échanges internationaux, notamment portés par IAHAIO, contribuent à structurer les pratiques et à renforcer leur crédibilité.
Les évolutions actuelles portent principalement sur :
- une attention renforcée au bien-être animal
- l’utilisation des sciences comportementales
- une meilleure évaluation des effets des séances
- la diversification des publics, y compris en entreprise
La médiation par l’animal s’inscrit désormais dans une démarche plus exigeante, fondée sur l’observation, l’éthique et la qualité de la relation.
Formation en médiation animale : un cadre indispensable
La formation en médiation animale est une étape incontournable pour exercer de manière responsable. Elle permet d’acquérir les compétences nécessaires pour comprendre la relation humain-animal, adapter les interventions et préserver l’équilibre du binôme.
Une formation sérieuse aborde notamment :
- le comportement et le bien-être animal
- la connaissance des publics accompagnés
- le cadre éthique et professionnel
- la construction de projets de médiation
Des organismes comme l’Institut Français de Zoothérapie
participent à cette structuration, même si la reconnaissance institutionnelle de la médiation animale reste encore en construction.

La médiation animale avec le chien s’inscrit dans une dynamique de fond. À mesure que les pratiques se précisent, que les formations se renforcent et que le bien-être animal devient central, cette approche continue de gagner en légitimité.Son avenir ne repose pas sur une généralisation rapide, mais sur la qualité des interventions, la responsabilité des professionnels et la capacité à maintenir un équilibre juste entre les besoins humains et ceux de l’animal. C’est dans cette exigence que la médiation animale trouvera pleinement sa place, durablement.